Dominique Meeùs
Dernière modification le
retour au sommaire Linux
Il peut paraître plus simple d’installer sur tout le disque dur mais on a cependant intérêt à créer des partitions séparées:
/home) pour la préservation de
vos documents et de vos préférences en cas de réinstallation (choisie ou
forcée);On a au minimum une partition qui s’écrit / et qui s’appelle
racine (root, malheureusement, ne pas confondre, c’est aussi le nom de l’administrateur
par défaut des systèmes Unix et Linux). Il est bon d’avoir en plus une partition de
swap et on peut avoir de bonnes
raisons de mettre les répertoires personnels des utilisateurs sur une autre
partition, donc avec point de montage /home. C’est ce que j’ai fait (après
coup). Cela demande un peu plus de familiarité avec Linux que le minimum mais ça vaut
la peine d’apprendre. Donc pour une jolie installation, prévoyez trois partitions (pour
/, swap et /home), même une quatrième (pour
/usr), ou plus (/var, /temp…). Voir aussi
On peut partitionner au préalable avec divers outils
DOS comme fdisk ou Ranish Partition Manager. On peut partitionner avec
le programme d’installation. Ubuntu propose parted comme outil de
partitionnement. Le paquet disks-admin ne semble pas faire grand chose.
L'interface graphique gparted a l'air bien au point et facile à utiliser.
Il y a un Live-CD de gparted. Je ne l'ai pas essayé mais ça semble
précieux pour réparer un système ou pour préparer un nouveau système.
J’ai utilisé auparavant aussi l’interface graphique
qtparted.
J’ai d’abord installé Ubuntu dans une partition de 2 Go, plus
une partition de ½ Go de swap. Cela s’installe sans problème (j’ai oublié de noter
l’espace utilisé) mais ça risque de se remplir vite ! J’ai très vite déplacé
/home vers une autre partition. Je ne croyais pas avoir installé des
masses de choses mais deux mois après, à l’occasion d’une mise à jour, je me suis
retrouvé avec 0 octets de libre ! Il n’était plus possible de démarrer Gnome. J’ai donc
dû, en catastrophe, à partir de la console, déplacer le contenu de /usr
vers une autre partition et éditer fstab (j’ai dû apprendre
vi en catastrophe) pour monter cette partition en /usr. Je
n’ai pas fait de faute et j’ai retrouvé mon système en redémarrant. Il vaudrait donc
mieux avoir préparé des partitions avant l’installation et installer directement dans
cet éventail de partitions. Quelqu’un qui n’y connaît rien ne peut installer que sur
l’ensemble du disque. Pour celui qui sait ce qu’est une partition ou qui a le courage
d’apprendre, il est beaucoup moins risqué d’installer d’emblée sur plusieurs partitions
en indiquant des points de montage /, /home et
/usr que de déplacer après coup leur contenu et d’éditer le fichier
fstab avec le risque de faire une erreur qui rendrait le système
difficilement accessible.
Un âne ne bute pas deux fois sur la même pierre. Moi oui, ce
qui prouve que je ne suis pas un âne (je m’en doutais un peu à vrai dire). La page que je cite plus haut dit
explicitement « Consider putting /var ... on a separate filesystem. This
protects your root filesystem from overflowing in the case of a runaway log. An
overflowed root filesystem is a Bad Thing. » Je ne l’avais pas fait. J’avais
déjà pourtant eu la blague avec /usr. Je suis maintenant tout à fait
convaincu que si le système de fichiers racine est bouché, c’est vraiment « a Bad
Thing » (avec les majuscules). Plus aucune grosse application, plus aucune application
graphique ne démarre parce qu’elle doivent toutes écrire quelque chose quelque part et
qu’il n’y a pratiquement plus un octet de libre. Je voulais passer de Ubuntu 4.10 à la
nouvelle version 5.04 le jour de sa sortie le 8 avril 2005. J’ai changé mes dépots de
Warty à Hoary dans Synaptic et j’ai lancé la mise à jour complète du système. Il y
avait 850 fichiers à charger. Ils sont stockés dans /var/cache pour être
installés ensuite. Après 300 fichiers, il n’y avait plus de place (« impossible to
write to the output file » ou quelque chose de ce genre, il a fallu un certain temps
pour que je devine où était le problème). Le système était engorgé. Pratiquement plus
rien ne fonctionnait sous Gnome. Même scénario que ci-dessus. Je suis repassé
(Ctrl-Alt-F1) à la première console texte. (J’ai dû faire de sérieux
efforts de mémoire et de lecture de notes pour me rappeler des commandes de base de
Linux.) J’ai monté la partition /dev/hda8 (simplement mount
/dev/hda8 parce qu’elle était inscrite dans /etc/fstab). J’ai
regardé ce qu’il y avait dedans (ls /mnt/hda8). C’étaient de vieux
fichiers utilisateur dont je n’avais plus besoin (ils avaient déjà été recopiés quelque
part dans /home). J’ai démonté (umount /dev/hda8). J’ai fait
le grand nettoyage en reformatant la partition (mkfs -t ext3 /dev/hda8).
Je l’ai remontée. J’y ai recopié le contenu de /var (cp -r /var/*
/mnt/hda8). J’ai vérifié que c’était réussi (ls /mnt/hda8). J’ai
effacé le contenu de /var (rm -rf /var/*). J’ai édité
/etc/fstab pour que /dev/hda8 soit monté en /var
au lieu de /mnt/hda8. J’ai redémarré (shutdown -r now). Tout
remarchait. (Linux, c’est quand même très fort ! Et moi, je fais des erreurs mais je
suis quand même assez malin pour m’en dépétrer.) J’ai pu continuer ma mise à
jour.
| Nom | Formater | Point de montage |
Quelle taille choisir ? |
|---|---|---|---|
| Swap | swap | J’ai ½ Go de swap (pour autant de mémoire vive) | |
| Système complet | ext3 | / | Ubuntu s’installe facilement dans 2 Go mais il faut au moins 4 Go pour
pouvoir installer quelques autres applications et enregistrer un certain nombre
de travaux. Plus, si on pense installer beaucoup d’autres applications ou
enregistrer des photos ou des vidéos. Vu le danger (voir ci-dessus) que le
système soit bouché, par exemple par des fichiers temporaires, c’est mieux avec
10 Go, 20 Go ou plus. |
| Nom | Formater | Point de montage |
Quelle taille choisir ? |
|---|---|---|---|
| Swap | swap | J’ai ½ Go de swap (pour autant de mémoire vive) | |
| Racine (root) | ext3 | / | Sans /home ni /usr, mon Ubuntu ne prenait plus que
1,6 Go. Sans /var je n’ai plus que 317 Mo, donc on pourrait se
contenter d’½ Go. Mais 1 Mo serait mieux si les nouvelles versions du noyau se
succèdent sans effacer immédiatement les anciennes. Est-ce assez ? Absolument non.
D’abord, les versions de noyau se succèdent toujours plus vite qu’on ne croit et
on ne pense pas toujours à les effacer. Ensuite, dans cette configuration, on a
isolé /var mais pas /opt. Si on installe dans /opt des logiciels qui ne sont pas
dans les dépôts, ça s’ajoute à l’accumulation des noyaux. |
| Home | ext3 ou ext4 la première fois, conserver ensuite | /home | J’ai 6,2 Go. Pour un utilisateur qui ne garde que des textes, 1 Go est déjà pas mal. S’il y a plusieurs utilisateurs, il faut multiplier en conséquence. Avec des photos, il faut nettement plus. Avec des films, il faut des dizaines ou même des centaines de Go. |
| Usr | ext3 | /usr | J’ai 5,5 Go dont 2 Go sont déjà utilisés. Si on compte installer des masses
de choses, on pourrait compter 4 Go ou plus. Attention à l’accumulation de
linux-image et linux-headers obsolètes. |
| Var | ext3 | /var | J’ai 1,7 Go dont 1 Go est déjà utilisé. C’est à vrai dire variable :-) Pour
graver un CD ou un DVD, le système crée une image de disque contenant les données
indiquées avant de graver. Pour un DVD, c’est plusieurs Go, qui doivent trouver
leur place dans /var. |
Certains programmes d’installation permettent de créer ces partitions pendant l’installation. Sinon on le fait avant d’installer. Dans le programme d’installation, on les choisit, on les formate (sauf Home, bien sûr, en cas de réinstallation !!!) et on indique le point de montage.