Dominique Meeùs, retour au sommaire Linux
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Système d’exploitation : Debian GNU/Linux ou BSD

Pourquoi pas Microsoft ?

Un système d’exploitation Windows plus la suite bureautique Office, ça coûte plus cher que la machine. Cela paraît paradoxal et démesuré. Donc on commence à utiliser des copies de CD trouvés ailleurs, en tous cas pour Office (parfois on a acheté l’ordinateur avec un Windows légal compris dans le prix). Mais la copie pirate, c’est illégal et ce n’est pas pratique. L’installation est ou sera de plus en plus contrôlée. Donc… une distribution gratuite de Linux.

Cependant, il y a une autre solution : payer Microsoft. Il faut prendre chez Microsoft le système d’exploitation et la suite Office. On peut trouver un firewall (Zone Alarm basic) et un antivirus (AVG) gratuits, ainsi que diverses autres applications et utilitaires. Si vous achetez un scanner, vous recevrez peut-être des logiciels de traitement d’images et de reconnaissance optique de caractères. Avec un graveur de CD, vous aurez un logiciel de gravure, et cetera. Le monopole de Microsoft est révoltant mais ses logiciels sont assez bons, il suffit d’utiliser un peu OpenOffice.org pour être convaincu des grandes qualités de Microsoft Office. OpenOffice est une très bonne application dans l’ensemble mais il y a toujours des petites choses qui ne fonctionnent pas tout à fait. Microsoft Office est plus fiable, plus achevé. Ça coûte cher par rapport à la copie illégale (on n’a plus l’habitude de payer et, comparé à zéro, le prix d’Office paraît carrément phénoménal) mais en réalité pas tant que cela. Une ligne de téléphone fixe, sans aucun trafic, coûte en Belgique presque 20 euros par mois et la télédistribution plus de 10. Une connexion ADSL peut coûter 40 euros par mois. Si vous achetez un Windows à 100 euros et un Office basique à 260, ça fait 360. Essayez de vous contenter de ces versions pendant 36 mois, ça vous ne vous fait que 10 euros par mois. En un sens, ce n’est pas cher du tout. Si vous n’avez pas l’âme d’un informaticien (ou un spécialiste sous la main) et que vous n’aimez pas tricher, résignez-vous au monopole et payez. Évidemment, si vous avez besoin d’Access, vous devez prendre un Office professionnel et c’est bien le double. Sinon, une solution hybride : payer Windows XP Home mais utiliser l’OpenOffice.org gratuit. (Et s’habituer à ses petites différences et insuffisances.)

Par contre si vous êtes (un tout petit peu) débrouillard ou si vous avez un ami qui peut vous aider, installez la distribution Ubuntu de Linux. L’installation ne pose pas de problème. La plupart des matériels sont détectés et pris en charge. Il faut seulement installer quelques compléments. Cela étant fait, l’utilisation est sans problème. (Après tout, pour Windows aussi il faut être un peu débrouillard.)

Autre possibilité : un des systèmes BSD.

Quelle distribution ?

Il y a différentes distributions commerciales que l’on peut charger gratuitement, mais généralement avec certaines restrictions, ou bien une distribution incomplète, ou bien complète de l’avant-dernière version. Plus le marché Linux va se développer, plus ces restrictions vont se développer et plus il faudra payer les distributions commerciales de Linux. J’ai donc choisi la dernière grande distribution qui soit restée communautaire : Debian (www.debian.org). Sa philosophie est avant tout le logiciel libre, GNU. Accessoirement, pour faire tourner cet ensemble de logiciels, il faut un noyau et, actuellement, c’est Linux d’où l’appellation Debian GNU/Linux. (Un autre noyau, puremement GNU, Hurd, est en préparation. À terme, on devrait donc pouvoir faire du "Linux" sans Linux.) Elle est célèbre aussi pour son caractère évolutif et la qualité de sa gestion des dépendances dans les paquets logiciels (et l’énorme choix de paquets). J’ai choisi Debian sur cette première impression quand je n’y connaissais rien. Avec le recul, je suis de plus en plus convaincu que c’est le seul bon choix.

J’avais installé au printemps 2004 la version moyenne, Testing « Sarge » de Debian (considérant « Woody » Stable trop obsolète, Unstable trop risquée). Par la suite, je suis quand même passé à « Sid » Unstable. Debian unstable a l’avantage de proposer des paquets récents, raisonnablement stables, formant un ensemble relativement cohérent et stable, qui évolue tous les jours. (Il faut mettre à jour souvent pour éviter de trop longs téléchargements en une fois.)

Ce n’est cependant pas tout à fait sans danger. En novembre 2004, le paquet de Nautilus est devenu incompatible avec des tas d’autres paquets importants. Je n’ai pas fait attention en acceptant la mise à jour. J’avais alors un système sans Nautilus  et où il était interdit de le réinstaller. Travaillant sous Gnome, je vous jure que c’est la merde. C’est là que je me suis décidé à installer Ubuntu et à y transférer tout mon environnement de travail. Je suppose que ces erreurs dans les dépendances du paquet nautilus ont été corrigées dans les jours suivants. C’est la première fois que j’avais un gros problème avec unstable. 

Il faut donc admettre la possiblité de petits ou, parfois, gros problèmes. Ils devraient disparaître d’eux-mêmes à une des mises à jour suivantes, mais, en attendant, vous pouvez être dans l’impossibilité de travailler. Debian unstable est donc une distribution pour bricoleur, pour hacker. Ubuntu est une stabilisation (sur six mois) de Debian unstable pour monsieur (ou madame) tout-le-monde.

En pratique, il faut utiliser une distribution dérivée de Debian, Ubuntu. À toutes les grandes qualités de Debian, elle ajoute la facilité et le fini.

Ubuntu

Fin octobre 2004 est sortie la distibution stable et user friendly Ubuntu, basée sur Debian unstable. Des versions nouvelles se succèdent tous les six mois. C’est ce que j’utilise actuellement.

Ubuntu est une nouvelle distribution qui se veut user friendly. On peut dire qu’elle y réussit. Elle est basée sur Debian unstable dont elle prend le meilleur en y ajoutant des développements propres. Elle installe par défaut un nombre raisonnable d’applications pour constituer un système pratique pour l’utilisateur moyen mais pas encombré de plein de choses inutiles. Avec Ubuntu, le remplaçant de Windows est arrivé. (Comme toujours pour Linux, avec un bon accès Internet…) On peut commander des CD gratuits qui seront envoyés par la poste en quatre à six semaines. Si comme moi vous êtres trop impatients, vous pouvez les charger sur Internet.


FreeBSD et autres BSD

Il s’agit de systèmes d’exploitations de la famille UNIX. Le vrai UNIX est commercial mais l’université de Berkeley a développé un "UNIX" parallèle libre, BSD, Berkeley software distibution, jusque 1995. On emploie aussi BSD comme désignation générique des successeurs actuels du BSD de Berkeley, dont les principaux sont FreeBSD, NetBSD et OpenBSD. Le premier des trois est le plus populaire.

J’ai acheté un portable d’occasion Dell Latitude CPx sans adaptateur réseau interne et on m’a donné un adaptateur Ethernet USB qui fonctionne sous Windows XP mais que Linux ne reconnait pas. Voyant que les BSD actuels ont un pilote pour ce dispositif matériel, j’ai essayé FreeBSD. FreeBSD est réputé très rapide. Son système de choix, d’installation, de gestion des dépendances, de mise à jour deslogiciels est très soigné mais affreusement lent parce qu’il est basé sur les sources et leur compilation.

Il y a une solution hybride : c’est Debian GNU/kFreeBSD. C’est une distribution GNU Debian basée sur le noyau de FreeBSD au lieu de celui de Linux. On devrait avoir les qualités du noyau FreeBSD (sa rapidité et d’autres, pour moi le support de mon adaptateur Ethernet USB) avec le système Debian de gestion des paquets logiciels.


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