Dominique Meeùs
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Difficultés de traduction et « faux amis », du néerlandais en français

aanpakken

Très beau verbe transitif, pas d’équivalent immédiat. Essayer, selon le contexte :

aborder, approcher, s’attaquer à, prendre en mains

aanpak

Voir le verbe. Parfois approche convient, ou la manière d’approcher. Il faut souvent passer par une locution verbale. Penser aussi à angle d‘attaque.

achterban

Arrière-ban, «nos propres troupes», camp, base… à étudier

achtergrond

Littéralement arrière-plan, contexe, mais au figuré il s’agit de remonter jusqu’aux causes profondes, par opposition à un vision superficielle (voir diepgang — on atteint une profondeur abyssale en parlant de « achtergrond en diepgang »).

afbakenen

Afbakenen, c’est délimiter, jalonner, baliser, borner. Mais c’est donc aussi marquer la séparation et zich afbakenen van se traduit parfois bien par se démarquer de.

afspraak

convention, arrangement, accord, rendez-vous

afspreken

arranger, fixer, se concerter, convenir d’un rendez-vous, d’un arrangement.

bekampen

Très beau verbe transitif, pas d’équivalent immédiat. Essayer, selon le contexte :

combattre, faire barrage à, s’attaquer à

besparen, besparingen

(à étudier)

besparen, besparing, van Dale (groot, 3 vol.) 1992 épargner, épargne

besparen

1. sparende bijeenbrengen

épargner

I.A.1.a) ne pas tout dépenser pour constituer une réserve, mettre de côté

besparing

1. het besparen

besparing

2. het bespaarde

betrekken

Concerner, sensibiliser. Une fois, embarquer était assez bien venu. Voir inschakelen.

bewust

Il m’arrive souvent de trouver des contextes ou consciemment cloche parce qu’on ne peut imaginer un instant qu’on y ait pu agir inconsciemment. Il m’a fallu du temps avant de trouver à dessein.

bruisend

Littéralement pétillant, mais à connotation auditive, le bruit du pétillement : bruissant (mais c’est une rencontre accidentelle, pas étymologique malgré un semblant de parenté).

Se dit en néerlandais d’une fête, mais la traduction littérale ne convient pas toujours. Il n’est pas interdit de dire d’une fête qu’elle est pétillante, mais il faut penser aussi à animée, joyeuse, dynamique, vivante. Le TLFi donne brillant, chatoyant, étincelant, flamboyant, rayonnant, scintillant. Foisonnant, peut-être aussi, dans certains contextes. S’il s’agissait du contenu, on pourrait parler de bouillonnement d’idées, mais pour l’ambiance, elle est plutôt animée.

Pour l’oreille, il y a aussi association avec bruissant, mais c’est assez éloigné pour le sens.

concept

Faux ami. Traduire par le « concept » du français (au sens où on dit « le concept de chien n’aboie pas ») est généralement assez mauvais, à côté de la plaque. Au sens premier en néerlandais il s’agit d’un projet de texte, d’un texte provisoire : un concept ou concepttekst c’est un ontwerptekst. C’est aussi un brouillon manuscrit que l’on fixe à côté de son écran d’ordinateur sur un concepthouder pour le recopier au clavier.

Certains auteurs se permettent de l’étendre aux premières étapes de la conception d’une œuvre, d’un projet. (J’ai même cru un temps que concept dérivait de concipiëren, mais le van Dale fait dériver concipiëren de concipere en latin et concept de concept en français sans lien entre les deux. Mais ce lien existe peut-être dans l’esprit des locuteurs qui créent cette acception étendue du concept.) De brouillon, cela devient ainsi le contenu qu’on veut y mettre, les objectifs, les grandes lignes du projet, l’esquisse, le plan, la conception d’ensemble. Je l’ai vu même utiliser à propos de nouvelles technologies dans le sens de prototype : « een basisconcept is al gedemonstreerd ». D’un brouillon de texte, on passerait à un « brouillon » de chose. Ces acceptions de concept ne sont dans aucun dictionnaire néerlandais que je connaisse et même la page Concept de Wikipedia en néerlandais, qui doit être plus moderne que moi, ne va pas beaucoup au-delà de brouillon. Essayer, selon le contexte :

brouillon,

projet, avant-projet, esquisse, plan, objectif(s), objectif général, conception, idée, idée de base, idée d’ensemble, vision, intention, « philosophie » du projet,

prototype.

Dans Le Soir du 19-2-2010, p. 8, on apprend que la fusion des universités catholiques belges est reportée d’un an parce qu’ « il faut encore approfondir la vision de cette nouvelle université », disent les recteurs. (Ou « prendre le temps d’approfondir la vision », selon La Libre Belgique du même jour.)

Il est clair que dans beaucoup de textes on n’est plus du tout dans une recherche, un brouillon, un avant-projet, mais qu’il s’agit de quelque chose d’achevé, de défini, de stable, pour laquelle on pourrait parfois utiliser

modèle.

Cependant, l’extension du sens premier néerlandais, qui est probablement aussi un des sens de concept dans un certain anglais, fait son chemin en français comme « concept » dans le jargon de la publicité ou de la gestion de projets, comme en témoigne le Grand dictionnaire terminologique. Je suis peut-être trop rigide. Je le vois utiliser aussi pour principe de fonctionnement, mode d’action dans une technique : dans la page Podcasting sur Wikipedia en français, il y a un sous-titre « Le concept ». Par contre, cette acception reste ignorée d’un dictionnaire de langue plus classique comme le TLFi. Je ne sais pas ce que le lecteur francophone moyen — pas spécialement frotté à la publicité ou à la gestion de projets — comprend si on traduit concept par « concept ». Je continue donc à penser qu’il faut s’efforcer de trouver une autre traduction. De manière générale, lorsqu’un mot est utilisé pour tout et n’importe quoi, il ne veut plus dire grand chose.

Cependant concept en néerlandais peut quand même aussi être utilisé parfois pour begrip, donc ce peut être au sens philosophique du « concept » du français.

diepgang

Rien à voir avec stoelgang. Littéralement c’est le tirant d’eau. Au sens figuré, c’est la profondeur de la pensée profonde (voir achtergrond — on atteint une profondeur abyssale en parlant de « achtergrond en diepgang »).

diep ingebakken

profondément ancré

fijnmazig

Littéralement à fines mailles. Un filet à fines mailles laisse moins de petits poissons échapper. Se dit au figuré d’un dispositif social, administratif, de proximité… dont le maillage est assez fin pour ne laisser tomber personne ou presque, mais je n’ai pas encore trouvé de solution simple pour dire ça en français. Il me semble que dans le social on parle parfois de maillage et ça pourrait être une piste. Le maillage social peut être plus ou moins serré, densément tissé… ou au contraire trop lâche. Mais le maillage social vise sans doute plus les relations entre les gens que les dispositifs.

fuif

Les expressions surprise parties, surboum et autres boum sont depuis longtemps osolètes, mais ne semblent pas avoir été remplacées. Utiliser soirée avec une indication (dépendant du contexte) qui suggère qu’on pourrait danser, ou une périphrase :

soirée DJ

Le soir, on dansera

gebakken lucht

C’est plus que « du vent » parce qu’il y a aspect de tromperie. Il me semble que « du vent » tout court, c’est simplement creux, sans contenu. Mais quand on dit « vendre du vent », il y a bien la dimension de tromperie, d’escroquerie de gebakken lucht. Il faut donc glisser le verbe dans la traduction.

(het) gepolder

Utilisé partout, défini nulle part. (Mais les deux premiers alinéas de http://www.binnenlandsbestuur.nl/opinie/columns/2009/geen-gepolder-in-de-polder.112001.lynkx sont assez explicatifs.) En attendant, je pense que c’est lié au poldermodel dans le sens de concertation, de conciliation et que le gepolder ou le verbe polderen visent le « dialogue » pour la frime, le blabla dans lequel les parties se complaisent sans jamais déboucher sur rien.

gezellig

Parlant d'une fête, il s'agit de sociabilité, du plaisir d'être ensemble. Difficile de trouver ne français un adjectif pour ça ; chaleureux ?

’s Gravesande

Comparer (opposer) t’Serclaes. Il s’agit ici d’une question d’orhographe, pas de traduction, mais je le note quand même ici pour ne pas l’oublier.

L’apostrophe vient devant le s, par entre le s et le nom. Il s’agit d’une élision de des : [de]’s Gravesande. Il faut donc bien écrire ’s Gravesande en français aussi.

grote namen

Essayer, selon le contexte :

spectacles, concerts… têtes d’affiche ; conférences, débats… invités de marque, personnalités

inleveren

Se sacrifier, se serrer la ceinture… à étudier

inschakelen

Nombreux sens dont celui de mettre au travail. Penser à impliquer, engager, mobiliser, parfois aussi mettre en branle. Voir aussi betrekken.

inzet

Littéralement, c’est d’abord la mise à prix en vente publique, puis l’enjeu dans un jeu d’argent. C’est au figuré l’enjeu, l’importance de ce qui est en jeu, dans différents contextes autres que le jeu. Mais c’est aussi la mesure dans laquelle on se met personnellement en jeu donc l’effort, l’implication, l’engagement ; un peu dans la ligne de payer de sa personne.

kaart

Je trouve dans le van Dale sous le 3 « bewijs van toegang, syn. entreekaart, toegangskaart : deze kaart geeft toegang tot alle gebouwen van de tentoonstelling ; heb je al kaarten voor het concert van vanavond ? ». En français, il semble que, comme dans carte de membre, on n’utilise carte que dans un lien d’une certaine permanence, pas pour un droit d’entrée unique. Dans le TLFi, je trouve assez loin dans un article carte détaillant de très nombreux sens, sous III.C.2.b) [Délivrée par un organisme privé] Carte d’abonnement (au concert, au théâtre, etc.) ; carte de fidélité ; carte de réduction… carte de crédit.

On dit un billet de tombola, un billet d’avion (mais de plus en plus, on vend les vols sans billet). On vend des billets de théâtre ou de concert à la billetterie. Dans le TLFi, la définition de ces billets utilise le mot ticket. Inversément, la définition de ticket utilise billet. Dans le temps, on prenait un ticket de tram, mais une carte de plusieurs voyages. Quant aux tickets et billets, il me semble, mais c’est peut-être tout à fait personnel, que le ticket est plus petit. Entre un ticket de métro parisien et un billet d’avion, il y a une différence de surface marquée. Cela tient aussi au fait que le billet d’avion comporte plus d’informations écrites, dont le nom du voyageur. Il me semble donc qu’on utilise billet dans des usages plus nobles que ticket. Cela correspond plus ou moins à biljet et à ticket en néerlandais, encore que le van Dale donne ticket dans certains usages comme belgicisme par gallicisme.

Mais carte n’est pas synonyme de ticket ou de billet et n’est pas une bonne traduction de kaart dans ce sens.

kadert in

s’incrit dans

s’incrit dans le cadre de

Surtout pas, ô horreur, « cadre dans » !

koepel

Pour un bâtiment :

coupole

Concernant des organisations : je ne conteste pas qu’on trouve des textes qui parlent de coupole dans ce sens, mais je suppose que c’est par contamination du néerlandais (à première vue on ne trouve sur Google de coupoles en contexte associatif que dans des pages belges) et je ne pense vraiment pas que cela constitue déjà un nouvel usage reçu. Il me semble qu’on doive le condamner, ne traduire en aucun cas par coupole et traduire plutôt par

coordination, coalition.

La traduction la plus précise est en deux mots : organisation faîtière ; cela dit exactement ce que ça veut dire, mais c’est plus lourd.

middenveld

(Probablement un belgicisme.) Le monde associatif, parfois considéré comme un prolongement de l’autorité publique, qui fait en un sens l’intermédiaire (midden), le tampon entre l’État et le citoyen, ou qui supplée aux insuffisances de l’État sur le plan de l’aide aux gens (à creuser).

(de) olifant heeft een muis gebaard

la montagne a accouché d’une souris

Cette image apparaît dans la fable La Montagne qui accouche de La Fontaine. Horace l’aurait utilisée sous une forme légèrement différente. Ne pas mettre d’éléphant dans la traduction en français.

onderbouwen, onderbouwd, onderbouwing

Ce ne parait pas être un mot particulièrement difficile, mais au sens figuré qui est celui où on le rencontre dans des textes qui ont peu à voir avec le bâtiment, il faut aussi prendre les fondations au figuré. Je n’ai pas trouvé tout de suite que parfois

étayer, étayé

venaient particulièrement bien.

ondertussen

Littéralement, c’est entre-temps. Mais il arrive aussi qu’entre-temps ne convienne absolument pas. J’en ai vu souvent de ridicules ou absurdes. Essayer alors selon le cas :

depuis

en son temps

onder vuur

J’ai vu traduire « sous le feu » ou « sous les feux », mais il me semble que ça ne veut rien dire. Je traduirais plutôt par sous le feu de la critique, attaqué, menacé.

ook

Penser à traduire parfois par d’ailleurs plutôt que « aussi ».

optreden

Intervention, apparition en scène, performance en anglais, mais je ne trouve pas de bon équivalent, valable à la fois pour le discours, le théâtre, la musique…

rond

Rond veut dire « autour » (au sens propre) et par extension « dans les environs » ou « à peu près », et rien d’autre. Rond ne peut jamais vouloir dire « sur », « concernant », « à propos de », bien que c’est ce que certains auteurs veulent lui faire dire. Dans ce cas, ne pas traduire par « autour » mais par

sur, concernant, à propos de

Il y a des gens qui ne peuvent plus examiner une question, discuter d’un problème, décider de quelque chose, mais seulement « autour » de quelque chose. C’est tourner autour du pot. J’ai même vu des constructions comme « revendications autour de l’emploi ». Plus faible que ça tu meurs. Lutter « autour » de quelque chose, c’est lutter à côté de la plaque. Le traducteur ne doit pas se laisser faire (à moins que, par méchanceté, il veuille faire apparaître dans la traduction à quel point l’auteur en néerlandais ne sait pas écrire, ou peut-être même pas penser).

ruimte

Ne faut-il pas envisager parfois latitude ?

t’Serclaes, t’Serstevens

Comparer (opposer) ’s Gravesande. Il s’agit d’une question d’orthographe, pas de traduction, mais je le note quand même ici pour ne pas l’oublier.

L’apostrophe vient entre le t et le nom, pas devant le t. Il s’agit d’une élision (retenant le d et pas le s) de des : d’[e]s heer Claes, où le d s’est durci en t. (C’est à tort qu’on pense parfois que ça viendrait de het Serclaes élidé en [he]’t Serclaes avec l’apostrophe devant le t.) De même d’[e]s heer Stevens a donné t’Serstevens. Il faut donc bien écrire t’Serclaes et t’Serstevens en français aussi.

met een sisser aflopen

tourner court, en eau de boudin

sneukeltocht

J’avais pensé à quelque chose comme « rallye aux friandises », mais je vois que quelqu’un d’autre a eu une meilleure idée. (« Rallye » désigne généralement une compétition ou un jeu relativement formalisés. Sneukeltocht n’implique aucun effort.)

balade gourmande

Attention que la balade est une promenade et la ballade un poème ou une chanson.

toeters en bellen

Fait penser à bells and whistles, mais l’expression peut être plus ancienne en néerlandais (et s’utilise parfois aussi au sens propre, comme en anglais d’ailleurs, où elle pourrait être d’origine ferroviaire). Je ne trouve pas d’expression imagée équivalente en français mais une traduction potable serait

fioritures

On pourrait parler de gadgets (si c’est dans le sens fioritures inutiles, comme on le dit beaucoup dans le monde du logiciel), ou de grand tralala, en fanfare, si c’est plus dans le sens propre d’avec grand bruit.

Top, vakbondstop, syndicale top

En français, au figuré, un sommet ça peut-être une conférence au sommet. Ainsi « sommet syndical » fait plutôt penser à une réunion au sommet des directions de deux ou plusieurs syndicats. De fait la plupart des mentions de « sommet des syndicats » ou de « sommet syndical » dans la presse désignent des réunions syndicales internationales au sommet. Par contre, le sommet du syndicat (un seul) peut désigner, légitimement il me semble, ses hautes sphères, ses instances supérieures, ses instances dirigeantes. La presse française parle parfois du sommet de la CGT et il ne s’agit pas là d’une réunion.

vacature

Le mot vacature n’est pas français. Le plus proche est vacance (c’est la même racine qu’en néerlandais), et le public cultivé le comprendrait (on parle de vacance de poste), mais vu la parenté avec « les vacances », ça peut faire bizarre pour d’autres. La traduction à la fois la plus proche de vacature et compréhensible pour tous est donc

emploi vacant

offre d’emploi

viral marketing, viral movie

Penser parfois à effet boule de neige.

voorwaarde om iets te kunnen doen

Il ne me semble pas que « condition pour pouvoir faire ceci ou ça » sonne faux, mais je me demande si les kunnen et pouvoir ne sont pas déjà logiquement inclus dans voorwaarde et condition et s’il n’y aurait pas là un pléonasme. Ne devrait-on pas écrire voorwaarde om iets te doen, condition pour faire ceci ou ça ?

wel

Penser à cependant

werking

En Belgique l’acception, qui nous intéresse le plus, (et qui est une acception locale), c’est bedrijvigheid, activiteit (exemple : « de werking van een vereniging ») et le van Dale en trois volumes précise : « (verzamelnaam) geheel van activiteiten ». En français ou pourrait le comprendre comme l’ « action » de l’association, où le singulier exprime l’ensemble ou la résultante de toutes les différentes actions, ce qui est bien l’idée du van Dale avec verzamelnaam.

Cependant, il est clair que dans certains milieux l’acception la plus courante de werking est une acception qu’on ne trouve dans aucun dictionnaire : « de ploeg, team, groep (de mensen) die deze bedrijvigheid, activiteit of activiteiten doet (doen) ». Voir à ce sujet ma note plus détaillée sur werking.

Contrairement aux autres acceptions où le pluriel est très rare, cette acception sauvage s’utilise massivement au pluriel : werkingen. Parfois, il y a des indications relativement claires (dont le pluriel) qu’il s’agit d’équipes, de groupes, mais dans d’autres cas on est dans l’ambiguïté totale entre l’équipe et son action. Si on est vraiment sûr qu’il s’agit du ziekelijk Nederlands de werking pour les gens et pas leur action, on peut essayer

unité, groupe de travail, équipe, section

Si on est en bons termes avec l’auteur, on peut aussi lui demander de revoir sa copie.

zorg voor

souci de

zorgen voor

veiller à

zwijgen in alle talen

Cette très jolie expression est purement néerlandaise. Ce n’est pas une expression consacrée en français. Si on cherche sur Google "zwijgt in alle talen" on en trouve près de cinq mille. Pour ce qui est de "se tait dans toutes les langues", on n’en trouve qu’environ deux cent cinquante, dont seulement huit en précisant "se tait dans toutes les langues" site:fr et deux avec site:ca. Autrement dit : on ne la trouve que sous la plume (ou le clavier) de Belges contaminés par le néerlandais. (Même des dix occurrences sur sites français et canadiens, la plupart peuvent être des interventions de Belges dans des forums.) L’expression est parlante (même s’il s’agit de se taire), il me semble qu’on peut la comprendre même si on ne la connaissait pas ; on pourrait donc l’utiliser comme image, même si ce n’est pas une expression consacrée. Elle fera peut-être son chemin dans le domaine français ; je trouve qu’elle le mérite.

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